Couple réussi : les synergies. Ancêtres
naturels et ancêtres culturels. Dépasser la mort.
Théorie de la Lutte pour l'Existence : mise en pratique.
Les hommes jugés par les extra-terrestres.
mort, existence, égoïsme, amour,
génétique, challenge, noble, noblesse, oblige,
vie, ancêtre, marraine, humain, ici et maintenant, homme,
interstellaire, mort, mâle, guerre, femme, estelle.
mâle, guerre, femme, estelle.
(Si tu rencontres "Mômmanh", "existence",
"besoin d'existence", va voir au chapitre 2.)
Comment éviter les scènes
de ménage. |
La Guerre des Chefs n'a jamais repris. Nous pratiquons enfin
la démocratie conjugale. En cas de désaccord,
nous cherchons ensemble ce qui convient le mieux à
notre existence. Si nous ne trouvons pas, ou bien nous abandonnons
la décision à celui de nous deux qui paraît
le plus apte, ou bien nous laissons à chacun la possibilité
de faire comme il lui plaît. Nous partageons plusieurs
responsabilités en fonction de nos compétences
et de nos goûts les plus ardents : à Jeanne la
maison et son aménagement, à moi la composition
du jardin et son entretien, à moi les voitures, à
elle la recherche et le choix de beaux spectacles...
Comme quoi l'égoïsme
nous conduit vers la mort alors que l'altruisme nous
mène à la vie. |
Puisque nous voilà délivrés de notre
esclavage, l'exigence d'être chacun le chef qui nous
poussait à lutter corne contre corne jusqu'à
la mort, nous pouvons enfin nourrir et soigner notre amour.
Il pousse bien. Il se développe. Une création
amoureuse, tu le sais, ne se réalise pas à un
contre un, mais à deux.
C'est pourquoi, le « Moi-Je-Ici-Maintenant, autrement
dit l'égoïsme absolu, puisqu'il est strictement
individuel, ne peut lui servir de base. D'ailleurs, il dégage
une odeur de mort. Oui, j'ai dit qu'une forte dose d'égoïsme
n'interdit pas l'amour. C'est vrai, mais il ne faut pas qu'un
certain seuil soit dépassé, au-delà duquel
on quitte la maison des amants.
C'est ainsi que Jeanne et Moi nous nous trouvons subtilement
entraînés vers ce qui a la plus grande valeur
pour Mômmanh
: l'altruisme.
L'amour nous rend meilleurs. Nous devons aussi, pour éviter
qu'il ne s'étiole, le construire un peu chaque jour.
Et Mômmanh,
de temps à autre, nous récompense avec quelques
notes de sa harpe céleste.
Vivre sans craindre la mort : dépasser
la mort sans dieu. |
 |
Et puis c’est dans cette voie que travaillent
les « Bons Génies » auxquels, sur
son lit de mort, Estelle a confié une grande
part de son existence. Ne nous a-t-elle pas dit que
nous la retrouverions ici, aux côtés des
« Bons Génies ». Effectivement, nous
la rencontrons de temps à autre.
Jacques, notre troisième fils, a totalement
adopté sa marraine Estelle. Mais oui ! Tu sais
bien ! Nous sommes libres de choisir nos ancêtres
culturels : eh bien Jacques a choisi sa petite sœur
aînée. Comme les nobles étaient
tenus de perpétuer l'honneur de leurs ancêtres,
ce qui les incitait malgré tout à se montrer
braves et généreux, Jacques s'est engagé
à faire son possible pour mettre en actes les
qualités de sa sœur : noblesse oblige. Ce
n'est pas facile, mais il y tient.
Il désigne cela par un drôle de nom :
son « challenge ». Nous avons fini par comprendre
que c'est un défi qu'il se |
lance : « T'es pas cap' de faire plaisir à Estelle.
- Eh bien ! c'est ce qu'on va voir. »
Estelle avait neuf ans. Elle était curieuse de tout.
La beauté lui arrachait des cris et des larmes. Jacques
sera donc artiste. Heureusement, il est doué. Mais
sa marraine a neuf ans pour toujours : saura-t-il rester aussi
jeune que cette défunte, tout en devenant lui-même
responsable ? Là encore, il nous répond que
c'est inclus dans son « challenge ».
Nous ne prononçons jamais le nom d'Estelle. Pourtant,
elle est toujours en notre compagnie. A chaque décision
importante qu'il nous faut prendre, nous avons ce dialogue.
« - Michel, crois-tu qu'elle serait d'accord ?
- Elle était encore bien jeune pour en juger... Mais,
tu sais, dans le fond, je crois qu'elle approuverait.
 |
- Je le pense aussi. Tout ce qui paraît servir
les desseins de Mômmanh
lui plaisait. »
Bien souvent, elle tient la place de notre ange gardien.
Nous apprécions sa compagnie, et pourtant il
nous arrive de souhaiter nous retrouver seuls tous les
deux. Dans ce cas, nous partons en vacances pour quelques
jours. Estelle n'a pas besoin d'être gardée
: nous sommes sûrs de la retrouver à notre
retour. Alors, tous les deux comme jadis dans les alpages,
nous faisons des folies. « - De quel genre ? -
Cela ne te regarde pas. » |
Comme promis, nous faisons connaître Mômmanh.
 |
Très progressivement,
en une vingtaine d'années, cette théorie
a séduit un bon noyau de chercheurs. Il en est
déjà sorti plusieurs découvertes
scientifiques et des inventions. Peut-être avons-nous
tendance, tous les deux, à y croire plus que
de raison, à confondre foi et science. En tous
cas, il nous semble que l'humanité et notre bonne
vieille planète viennent de prendre un nouveau
départ. |
Mais attention !... Cette fois, n'allons pas répéter
le funeste mirage du « Grand Soir ».
Nous estimons avoir passé le relais tombé entre
nos mains. Nous avons droit à quelques vacances, maintenant.
A toi de jouer, ou plutôt de travailler. Avant de rejoindre
la matière et Mômmanh
dans ses rêves obscurs, nous allons prendre un peu de
repos parmi les vivants.
COMPLEMENT AU CHAPITRE 11
Si c’est le titre « Au delà de la Mort
» qui t’a attiré ici, tu dois être
déçu. Tu n’as probablement pas trouvé
l’élixir d’immortalité dans ce chapitre.
Il te faudrait pour cela lire l’ouvrage entier.
Cette recette n’est pas un secret. Bon nombre de nos
ancêtres l’ont déjà découverte
et éprouvée, sous des formes plus ou moins apparentées
: les nobles, les bouddhistes, et quantité de gens
ordinaires. Elle consiste à passer le relais aux générations
futures pour qu’elles continuent à développer
la vie sous toutes ses formes, à commencer par les
mieux réussies. Elle consiste à porter bien
haut le flambeau de la « lutte pour l’existence
», puis à le transmettre aux descendants.
Peu importe alors que nous mourrions, puisque nous
continuerons d’exister.
Si tu ne peux lire l’ouvrage entier, va voir le chapitre
« Théorie de la Lutte pour l’Existence
». Si c’est encore trop long, contente-toi du
chapitre 2 : Mômmanh ».
CONVERSATION INTERSTELLAIRE
Exploraclone Rapide, le conseil a longuement
étudié le document joint à votre rapport,
« Mon Amour ». Les Terriens sont en train de découvrir
quelques-unes des bornes qui limitaient leur champ d’existence
et ils vont bientôt les franchir. Ensuite, ils vont
voyager dans l’espace interstellaire et découvrir
les autres animaux conscients qu’ils appellent «
hommes ».
Ils ont eu beaucoup de mal à réaliser que tous
les hommes de leur planète sont égaux. Il ne
faudrait pas qu’ils répètent cette erreur
avec les hommes de l’univers.
Le moment est venu de les rencontrer. Nous envoyons une ambassade
au siège de l’O.N.U. Préparez-vous à
la recevoir.
En attendant, continuez votre étude sur le rôle
de l’égoïsme dans l’existence terrienne.
Nous ne voyons toujours pas si la grande place que Mômmanh
lui a laissée constitue un avantage ou un handicap.
Quant à l’Amour tel qu’il est inscrit dans
le patrimoine héréditaire des femelles terriennes,
il nous paraît contenir à la fois un générateur
et un stimulateur d’existence. « Faire l’amour
» est une magnifique invention de Mômmanh.
Nous chercherons où et comment ces aptitudes sont inscrites
dans l’ovule des Terriennes. Mais ce besoin qu’éprouvent
les mâles terriens d’évacuer leur semence
presque chaque jour et de la répandre dans le corps
de n’importe quelle femelle « baisable »
de leur environnement, nous sommes tout près de considérer
cela comme une infirmité. Nous continuerons d’y
réfléchir avec les Terriens eux-mêmes....
(L'Exploration de la Terre. - Grandes Archives
de Waluillah.)
A propos de
« Mômmanh »
Mômmanh est la personnification de ce que tu peux
appeler, si cela te chante, « Notre Mère
La Nature ». Si tu veux être plus précis,
il te faut lire ou relire le chapitre 2.
Comme tout le monde, tu ressens le besoin d’exister.
Eh bien, d’après ma théorie, ce besoin
d’existence est présent dans toute la matière,
vivante ou non. Il agit sur l’évolution de
cette matière en favorisant ce qui lui paraît
bon et inversement. Selon moi, il ne suit pas un plan
conduisant à un objectif. Quand on te présente
un plat nouveau, tu le goûtes et, s’il réjouit
tes papilles, tu t’arranges pour t’en souvenir
afin de retrouver ce plaisir si l’occasion se présente.
Eh bien, le besoin d’existence agit de même
: l’ « existence précède l’essence
».
Ce besoin d’existence, je l’appelle «
Mômmanh » car c’est ainsi que j’appelais
ma mère dans notre langue paysanne, le Gallo. S’il
est vraiment à l’origine de la vie, je peux
bien le considérer comme notre mère.
Et,encore une fois, ceci n'est qu'une hypothèse,
pas une croyance.
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